DÉSIR DE MÉMOIRE
Par Mhamed KAKI
Jeudi 01 septembre 2005
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 Pourquoi avons nous déployé tant dénergie ces dernières années
pour faire connaître à lopinion publique et tenté de faire reconnaître par
lEtat Français, les évènements tragiques du 08 mai 1945 à SETIF(Algérie) et du
17 octobre 1961 à PARIS ?
La réponse est simple : ces deux massacres ont en commun la mémoire de la
lutte pour la liberté et légalité des droits des peuples dominés par le
colonialisme. Les femmes et les hommes qui sont morts durant cette période
avaient du courage et une haute idée de la dignité humaine. Leurs luttes
méritent dêtre connues par tous. De plus, il nous semble que les
discriminations daujourdhui face au logement, au travail, à léducation
ont
pour origine le phénomène de reproduction du système colonial. |
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La grille de lecture concernant cette mémoire que nous retenons, na rien
à voir avec celle des tenants de la mémoire du pathos et du misérabilisme qui
consiste ainsi, à laliénation des individus en les assignant dans une éternelle
intériorisation de la culture de léchec et de la victimisation, pour en
définitive mieux les dominer.
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Bien au contraire, ce que nous voulons, cest mettre en perspective la
dimension de la lutte des dominés de lère coloniale et la continuité de ces
combats dans limmigration par leurs enfants en France et en Europe. Ces
luttes ont pour dénominateur commun : la résistance face à toutes les formes
doppression.
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Toute lhistoire des luttes contemporaines de limmigration coloniale, et
notamment celle des Français issus de cette immigration, montre la violence des
obstacles quelle rencontre pour laccès à légalité des droits.
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QUE FAIRE ? |
Cest une banalité de rappeler que la politique nest rien dautre quune
histoire de rapport de force. Que rien nest jamais définitif, que tout peut
se retourner au moment même où lon ne sy attend pas. |
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Il y a aujourdhui un enjeu de ré affiliation dans cette histoire
coloniale qui se reproduit sous des formes subtiles mais non moins violentes.
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La compréhension des enjeux daujourdhui, nécessite dapprofondir le
désir de mémoire qui semble gagner une majorité dentre nous. Le débat sur
cette connaissance mémorielle, la plus fine possible permettra à chacun de
retrouver le fil de soi. La co-construction de ce projet de travail de
mémoire demande un travail collectif dans lequel, chacun apportera lexpertise
de son expérience de vie, afin décrire une nouvelle page dhistoire par les
acteurs de cette mémoire.
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A Bientôt !
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Publié avec l'autorisation de l'auteur
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